Permettez-moi d’exprimer ma profonde gratitude à notre coordonnateur régional, M. Idy Sané, avec qui nous cheminons depuis nos premiers pas sur la scène politique. Au fil des années, notre engagement commun m’a davantage convaincu d’une vérité fondamentale : les hommes passent, les fonctions changent, mais les valeurs de fraternité demeurent.
De Kévoye à Ziguinchor, le Sénégal est une mosaïque humaine d’une richesse exceptionnelle. Diolas, Sérères, Lébous, Peuls, Toucouleurs, Mandingues, Wolofs, Soninkés, Bassaris et toutes les autres composantes de notre Nation ne sont pas des communautés qui s’opposent ; elles constituent les différentes couleurs d’une même patrie.
À l’heure où les premières pluies arrosent notre terre, j’élève également une prière pour que cette saison hivernale soit généreuse. Que Dieu accorde à nos parents cultivateurs des récoltes abondantes, qu’Il bénisse leurs champs, récompense leurs efforts et fasse de cette campagne agricole un motif de joie pour toutes les familles sénégalaises.
L’histoire récente de notre continent nous enseigne cependant une leçon que nous ne devons jamais oublier : lorsqu’on transforme l’appartenance ethnique en instrument de division, c’est toute la Nation qui vacille.
- En Guinée-Bissau, des rivalités politiques ont parfois pris une coloration ethnique, notamment entre les Balantes et d’autres communautés;
- En Guinée Conakry, les tensions entre Peuls, Malinkés et Soussous ont trop souvent nourri les crises politiques;
- Au Mali, les incompréhensions entre Touaregs, Peuls, Dogons et d’autres communautés ont été exploitées, aggravant des conflits déjà complexes;
- Au Nigeria, les fractures entre Haoussas-Fulanis, Yorubas et Igbos, auxquelles se sont ajoutées d’autres tensions, ont profondément marqué l’histoire du pays;
- En Afrique du Sud, même après l’apartheid, des violences xénophobes et communautaires sont venues rappeler que la paix reste un combat de chaque instant.
Ces réalités nous rappellent qu’aucune Nation ne grandit lorsque ses enfants se regardent avec méfiance. Les discours de stigmatisation, les amalgames et les préjugés sont les premiers semeurs de discorde. Les combattre est une responsabilité collective.
Préservons l’unité africaine. Faisons de notre pays un modèle de coexistence pacifique. Cultivons la paix avec patience, humilité et courage. Prenons notre bâton de pèlerin chaque fois qu’une tension naît dans un quartier, un village ou une famille. Allons vers notre voisin, quelle que soit son ethnie, quelle que soit sa religion, pour dialoguer avant que les blessures ne deviennent des fractures.
Voilà le Sénégal que nous voulons bâtir. Voilà le Sénégal que nous ont légué nos ancêtres : un pays où l’on se reconnaît d’abord comme frères avant de se définir par nos différences. Voilà aussi l’image d’une Afrique réconciliée avec elle-même, une Afrique qui transforme sa diversité en richesse et son unité en puissance.
Ensemble, refusons les murs de la division et bâtissons les ponts de l’espérance. Car un peuple qui choisit la fraternité écrit toujours les plus belles pages de son histoire.
Avec toute ma gratitude et ma reconnaissance.
Dr. Mohamed Diallo
Président de la Coalition Natangué Askan wi
Ancien Ministre

