Depuis son départ de la tête du Conseil Économique Social et Environnemental en novembre dernier, Aminata Touré, semble déterminée à ne pas se laisser mourir politiquement. C’est ainsi que chaque foi que l’occasion s’est présentée, Mimi Touré ne s’est pas gênée pour donner son point de vue. Après sa sortie sur le 3ème mandat, elle récidive en assurant sur son avenir politique  « En ce qui me concerne, ce n’est pas la fin de l’histoire. » (Jeune Afrique).

De façon méticuleuse, Aminata Touré déroule ou plutôt accélère la cadence à son rythme. Rompue à la communication institutionnelle pour avoir séjourné dans plusieurs organisations internationales avant de venir diriger la campagne présidentielle qui mènera le président Macky Sall au palais en 2012, l’ex Première ministre s’éloigne de plus en plus du camp du pouvoir.

Contrairement aux autres caciques de l’APR qui ont été défenestrés en faveur du dernier remaniement, Aminata Touré ayant fait la même école politique (Gauche) que son mentor et présente dans les arcanes du pouvoir depuis 2012, ne cache rien de son ambition. Mieux, elle en assume toutes les conséquences.

Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, elle lâche  « En ce qui me concerne, ce n’est pas (encore) la fin de l’histoire ». L’ancienne première ministre ne semble plus faire mystère de « son ambition présidentielle » et promet d’en « parler en temps voulu ». A cela, elle avance une raison : « j’ai déjà dit que ce débat me paraissait prématuré. Tant de défis se posent à nous, notamment avec cette pandémie, qu’on ne va pas faire de la politique du matin au soir pendant les trois prochaines années. »

Même si l’ex présidente du CESE trouve prématuré le débat sur la présidentielle de 2024, tout porte à croire qu’à travers ses sorties, Aminata Touré est plus proche de l’opposition que d’un nouveau come back à l’APR. Pour avoir avalé des couleuvres à plusieurs reprises, tout indique que pour cette fois-ci, elle a décidé de prendre son destin en main.

Après avoir traité le 3ème mandat de débat dépassé, Mimi Touré, très confiante de son avenir politique  « En ce qui me concerne, ce n’est pas la fin de l’histoire. » 

Pour l’heure, l’ex présidente du Conseil économique social et environnemental (Cese) n’entend que « s’exprimer sur des positions de principe » même si en attendant « on peut rassembler ses amis comme on le souhaite. » Mais « les ambitions politiques des uns et des autres ne sauraient devenir l’activité numéro 1 du pays comme s’il s’agissait de sa production nationale brute. »

Revenant à ce qui semble être son mantra, Aminata Touré a réaffirmé que « en politique l’ambition n’est pas un délit, au contraire. Dans un système concurrentiel, on ne reste pas assis à regarder passer les trains. Un politicien sans ambition, c’est un politicien qui ne vous dit pas la vérité. Bien sûr, encore faut-il que cette ambition ne soit pas dévorante et ne vous conduise pas à la déloyauté. Mais elle est le signe qu’on souhaite passer à une étape ultérieure pour être encore plus utile au pays. »

Pour ceux qui s’attendaient à le voir battre en retraite sur le débat de la CREI, Aminata Touré assume sans ambages : « j’assume sans ambages les décisions prises lorsque j’étais ministre de la Justice. »

Interpellée sur une mission de l’Inspection générale d’Etat (IGE) qui aurait cours au CESE, « Mimi » Touré a répondu : « je ne vois aucun lien entre mon activité politique et cet exercice de bonne gouvernance. Nous verrons bien. Pour l’instant je n’ai reçu aucune notification officielle d’une telle vérification que j’attends avec sérénité. » Du reste, a-t-elle poursuivi, « cet audit portera apparemment sur une période de sept années (alors que) moi-même j’ai été à la tête du CESE  pendant 16 mois. »

Interrogée sur les déboires de l’Etat dans le dossier Karim Wade à Paris, Monaco, devant le Groupe de travail des Nations Unies à Genève et devant le Comité arbitral de l’Onu sur le droit commercial, Aminata Touré, ancienne ministre de la Justice, a semblé se décharger sur Macky Sall. « C’est le Président de la République qui définit la politique judiciaire de l’Etat. Et son garde des Sceaux – fonction que j’ai assumée – a pour mission de la mettre en œuvre. Nous avons d’abord utilisé les outils que nous avons trouvés en arrivant au pouvoir. Mais j’avais moi-même préconisé d’opter pour un parquet financier qui absorberait la Crei. »

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