L’éventualité de voir Macky Sall accéder au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies dérange. Elle dérange au point de révéler, une fois encore, les travers les plus sombres de certains de ses opposants : manipulation, imposture et ressentiment viscéral. Mais au-delà du bruit, une question demeure : pourquoi cette candidature cristallise-t-elle autant de tensions ?
Les fossoyeurs de crédibilité : entre manipulation digitale et imposture morale
Il faut d’abord déconstruire méthodiquement cette agitation orchestrée.
La création de sites internet anonymes, les campagnes numériques obscures, les appels à manifester devant le siège d’une institution qui incarne l’équilibre du monde ne sont pas des actes militants nobles. Ce sont des outils de déstabilisation et lorsque, quelques jours plus tard, l’identité des instigateurs est révélée parfois par leur propre entourage familial le vernis moral s’effondre brutalement.
On découvre alors des profils dont le carburant n’est ni l’éthique ni l’intérêt général, mais bien la rancœur, la jalousie et une forme de trahison érigée en méthode.
Plus grave encore, certains donneurs de leçons se sont construits une façade mensongère. Se présentant comme citoyens respectables à l’étranger, ils finissent par être rattrapés par des réalités autrement moins reluisantes : situation irrégulière, contradictions publiques, voire antécédents judiciaires.
Ce contraste est frappant : ceux qui prétendent défendre la légalité et la morale sont parfois les premiers à les avoir piétinées. A ce stade, il ne s’agit plus d’opposition politique. Il s’agit d’une tentative désespérée de nuire, sans colonne vertébrale ni crédibilité.
Macky Sall ou l’incarnation du “Senegalese Dream”
Face à cette agitation stérile, il y a un parcours et quel parcours.
Macky Sall incarne une trajectoire rare : celle d’un produit pur de l’école sénégalaise, de l’enseignement primaire jusqu’aux plus hautes sphères de la gouvernance mondiale, sans rupture identitaire ni dépendance académique occidentale dans son cursus initial.
Là où certains évoquent le “American Dream”, Macky Sall peut légitimement porter le concept d’un “Senegalese Dream” : celui d’un système éducatif national capable de produire des leaders globaux.
Son bilan diplomatique n’est pas théorique. Il est concret. Installer un département des Nations unies à Dakar, positionner le Sénégal comme un acteur respecté dans les grandes négociations internationales, faire entendre une voix africaine crédible : autant de résultats qui témoignent d’une capacité d’influence réelle.
Quand certains pays, y compris des puissances comme le Japon, peinent encore à attirer certaines structures internationales, Dakar a su s’imposer comme un hub diplomatique stratégique. Ce n’est pas un hasard. C’est le fruit d’un leadership méthodique.
Migration : ce que ses détracteurs ignorent… et que l’ONU défend déjà
Enfin, il est essentiel de rappeler une vérité que beaucoup feignent d’ignorer : les positions de l’ONU sur la migration sont déjà claires, structurées et ambitieuses.
A travers le Pacte mondial pour les migrations (GCM) et des institutions comme Organisation internationale pour les migrations ou Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, l’ONU ne considère pas la migration comme une menace, mais comme un levier de développement.
Quelques principes fondamentaux :
1-La migration doit être sûre, ordonnée et régulière
2-Les droits humains des migrants doivent être protégés sans compromis
3-Le retour doit être volontaire, digne et sécurisé
4-La responsabilité est partagée entre États
5-La migration est un moteur économique et social, pas un fardeau
Aujourd’hui, environ 3,6 % de la population mondiale est constituée de migrants internationaux. Ce phénomène n’est ni marginal ni temporaire : il est structurel.
Dans ce contexte, imaginer Macky Sall à la tête de l’ONU, c’est envisager un leadership capable de réconcilier vision politique et réalité du terrain africain.
Car qui mieux qu’un dirigeant issu d’un continent en première ligne des dynamiques migratoires peut porter une approche équilibrée, humaine et pragmatique ?
Entre agitation locale et enjeu global
Ce débat dépasse de loin les querelles internes. D’un côté, une opposition fragmentée, parfois incohérente, souvent disqualifiée par ses propres contradictions.
De l’autre, une candidature qui porte une vision : celle d’un multilatéralisme rénové, ancré dans les réalités du Sud global.
L’enjeu n’est pas simplement de savoir qui dirigera l’Organisation des Nations unies.
L’enjeu est de savoir si le monde est prêt à reconnaître qu’un leadership africain, structuré, expérimenté et crédible peut incarner l’équilibre du XXIe siècle.
Et à cette question, tôt ou tard, il faudra répondre sans passion… mais avec lucidité.
Baba Aïdara















