Dakar, le 14 avril 2026 – Depuis plusieurs jours, une partie de la presse nationale, notamment L’Indépendant, relaie des accusations graves visant le banquier Moustapha Sow dans le cadre d’une supposée affaire liée au Programme spécial de désenclavement (PSD).
Mais au-delà du sensationnel et des titres accrocheurs, une réalité s’impose : aucune condamnation judiciaire n’existe à ce jour.
Un principe non négociable : la présomption d’innocence
Dans tout État de droit, y compris au Sénégal, nul ne peut être déclaré coupable sans décision de justice.
Pourtant, le traitement médiatique actuel donne parfois l’impression que Moustapha Sow est déjà jugé, voire condamné dans l’opinion publique.
Une telle dérive est non seulement dangereuse, mais également contraire aux fondements mêmes de la justice.
Des accusations sans démonstration formelle
Les montants évoqués — près de 100 milliards FCFA — impressionnent et alimentent les spéculations. Mais une question essentielle demeure :
➡️ où sont les preuves judiciairement établies ?
À ce jour :
- aucun jugement rendu
- aucune responsabilité officiellement confirmée
- aucune décision publique définitive
Dans ces conditions, transformer des soupçons en certitudes relève davantage de la pression médiatique que d’une démarche d’information rigoureuse.
🏢 Un acteur économique à ne pas caricaturer
Moustapha Sow est reconnu dans le secteur financier pour son implication dans des projets de financement, notamment à travers des structures comme SF Capital et Microsen.
Ces entités évoluent dans des environnements complexes impliquant :
- des institutions publiques
- des partenaires techniques
- des investisseurs internationaux
Réduire ces mécanismes à une lecture simpliste d’un « scandale » sans preuve formelle constitue une approximation dangereuse.
🌍 Le poids des rumeurs et des narratifs
Certains éléments relayés — notamment des informations sur de prétendus déplacements à l’étranger ou une supposée disparition — ne reposent sur aucune communication officielle clairement établie.
Dans un contexte de forte tension médiatique :
- la rumeur devient information
- l’interprétation devient vérité
- et la réputation est fragilisée
Cette situation interpelle sur la responsabilité des médias et des relais d’opinion.
Pour une information responsable et équilibrée
Informer, ce n’est pas accuser.
Enquêter, ce n’est pas condamner.
Une couverture responsable de cette affaire devrait :
- distinguer les faits établis des hypothèses
- donner la parole à toutes les parties
- attendre les conclusions des autorités judiciaires
Conclusion : défendre un principe, pas seulement un homme
Défendre Moustapha Sow aujourd’hui, ce n’est pas s’opposer à la transparence ni à la justice.
C’est défendre :
- le respect des droits fondamentaux
- la rigueur de l’information
- et l’équilibre du débat public
Dans cette affaire comme dans toute autre, une seule institution doit trancher : la justice.
En attendant, toute condamnation dans l’espace médiatique reste prématurée, injuste et dangereuse.
Rédaction : Assirou.net Global Media
















