Trois-cent-vingt militaires soudanais fuyant les combats meurtriers dans leur pays, entre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) et l’armée régulière, ont traversé la frontière dimanche et se sont rendus à l’armée tchadienne, a annoncé mercredi le ministre tchadien de la Défense.

« Ils ont pénétré sur notre territoire, tous ont été désarmés et cantonnés », a déclaré le général Daoud Yaya Brahim lors d’une conférence de presse de plusieurs ministres.

« Ce sont 320 éléments de l’armée soudanaise — des gendarmes, policiers et militaires–, qui ont peur d’être tués par les FSR qui se sont rendus à nos forces », a-t-il ensuite précisé à l’AFP.

Il n’a donné aucun détail supplémentaire, notamment sur l’endroit exact où ils ont traversé la frontière. Au cinquième jour des combats entre les forces des deux généraux qui se partageaient jusqu’alors le pouvoir à Khartoum, et qui ont tué plus de 270civils pour l’heure, des milliers d’habitants fuyaient les tirs et les bombardements dans la capitale soudanaise mercredi.

Les combats font rage entre les FSR du général Mohamed Hamdane Daglo , dit « Hemedti », et l’armée que dirige le général Abdel Fattah al-Burhane , aux commandes depuis leur putsch conjoint de 2021.

Le Tchad a fermé dès samedi sa frontière avec le Soudan, longue de plus de mille kilomètres en plein désert, et jouxtant le Darfour, dans l’ouest du Soudan. Cette frontière très poreuse est régulièrement traversée par des mouvements rebelles des deux pays.

« La situation au Soudan est préoccupante et déplorable, nous avons pris toutes les dispositions par rapport à la crise soudanaise », a assuré le ministre Yaya Brahim, ajoutant: « Cette guerre ne nous concerne pas, elle est entre Soudanais, nous devons rester vigilants pour parer à toute éventualité ».
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