Ils étaient unis pour le meilleur (amis et proximité dans la manière de gouverner), mais rien ne présageait que le destin allait aussi leur réserver des sorts identiques.

Ils étaient unis pour le meilleur (amis et proximité dans la manière de gouverner), mais rien ne présageait que le destin allait aussi leur réserver des sorts identiques.

Alpha Condé (Guinée), Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie) et Yahya Jammeh (Gambie) formaient un triumvirat au sein de la sous-région. Ils (Jammeh et Condé) n’avaient cure des décisions de la Cedeao. Le coup d’Etat de dimanche au pays de Sékou Touré a terrassé le dernier résistant. Ces 3 amis et ex-chefs d’Etat sont éloignés des arcanes du pouvoir et subissent une persécution liée à leur passage à la tête de celui-ci. Bien sûr, les conditions de départ de ces anciens dirigeants sont diverses. Pour Alpha Condé, c’était le mandat de trop.

En modifiant la Constitution afin de se représenter pour une 3ème fois, le leader du Rpg/Arc-enciel a été réélu dans la controverse l’année dernière. Des dizaines de personnes ont perdu la vie, d’autres jetées en prison pour avoir protesté dans les rues de Conakry l’illégalité du troisième mandat. Au-delà, Alpha Condé dirigeait son pays d’une main de fer : opposants incarcérés, journalistes bâillonnés et une Société civile étouffée. Appauvri par 11 ans de gestion économique calamiteuse, le Peuple guinéen semblait souffrir en silence.

Les scènes de liesse à Conakry après le coup d’Etat de dimanche peuvent en attester. Mohamed Ould Abdel Aziz, quant à lui, a voulu se payer une sortie honorable en décidant de respecter la Constitution en août 2019. Mais son plan a été trahi parce qu’il a mis son numéro 2 pour gérer le pouvoir par procuration. Malheureusement, son successeur Mohammed Ould Ghazouani l’a livré à la justice.

L’ancien Président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a été mis en détention préventive en juin dernier. Lui qui crie au «règlement de comptes» avait été inculpé en mars dernier, en même temps qu’une dizaine de hautes personnalités, pour des faits présumés de «corruption, blanchiment d’argent, enrichissement illicite ou encore dilapidation de biens publics commis» pendant les années où il dirigeait le pays. Comme Condé, il avait aussi réduit ses opposants au silence. L’ex-Président Aziz est aussi rattrapé par son coup d’Etat. En août 2008, il renverse le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, pourtant démocratiquement élu.

Enfin, Yahya Jammeh était l’autre membre du groupe. D’ailleurs, ce sont ses amis Alpha Condé et Mohamed Ould Abdel Aziz qui jouaient aux médiateurs pour lui permettre d’avoir une sortie honorable en 2017. Battu par Adama Barrow, l’enfant de Kanilai s’accrochait à son fauteuil. Il a fallu une mission militaire de la Cedeao pour le pousser à l’exil en Guinée Equatoriale. Loin des fastes du pouvoir, ces anciens dirigeants n’ont pas eu une sortie digne de celle d’un chef d’Etat. Tristement célèbres, esseulés, ils vont sans doute ressasser leurs actes

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