Affaire Aïda Diallo : Mame Khary Mbacké, proche de Sonko, tente-t-elle de mêler Diomaye à la polémique ?

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La polémique née de la visite de Sokhna Aïda Diallo à Touba prend une nouvelle tournure après la sortie médiatique de Mame Khary Mbacké Mourtalla sur les ondes de RFM.

Longtemps citée parmi les personnes ayant participé aux démarches de facilitation autour de cette visite, Mame Khary Mbacké Mourtalla semble aujourd’hui prendre ses distances avec l’affaire. Invitée de RFM Matin, elle a expliqué que l’initiative serait venue de Serigne Amsa Abdou Lahad, qui lui aurait fait part des intentions de Sokhna Aïda Diallo.

Selon ses déclarations, Sokhna Aïda Diallo souhaitait notamment effectuer une démarche auprès de Serigne Sidy Abdou Lahad, se réconcilier avec Serigne Saliou Thioune et présenter ses excuses aux autorités mourides.

Mais cette version soulève aujourd’hui plusieurs interrogations.

 

Mame Khary Mbacké affirme avoir, dès le départ, exprimé sa méfiance envers les intentions de Sokhna Aïda Diallo. Elle dit avoir averti Serigne Amsa Abdou Lahad de ses craintes, estimant que cette initiative pouvait créer davantage de tensions.

Pourquoi alors avoir participé ou accompagné une démarche dont elle dit aujourd’hui qu’elle se méfiait dès le départ ?

C’est là que ses détracteurs voient une contradiction majeure.

Au lieu de se limiter aux faits concernant l’organisation et le déroulement de la visite, Mame Khary Mbacké Mourtalla a également introduit une dimension politique dans son intervention. Elle a notamment évoqué le nom porté par la mère de Sokhna Aïda Diallo et son rapprochement avec celui du président Bassirou Diomaye Faye.

Une association jugée hasardeuse par ses critiques.

Car porter un même nom de famille ne constitue en aucun cas une preuve de lien politique, familial ou d’implication dans une affaire. À ce jour, rien ne permet d’établir, sur la base de cette seule affirmation, que le président Bassirou Diomaye Faye serait impliqué dans la visite ou les démarches de Sokhna Aïda Diallo à Touba.

La tentative d’introduire le chef de l’État dans cette polémique apparaît donc, pour certains observateurs, comme une volonté de déplacer le débat.

D’autant plus que Sokhna Aïda Diallo a déjà affiché publiquement des positions politiques et une proximité avec Ousmane Sonko. Ses déclarations et ses apparitions publiques ont souvent été interprétées comme un soutien assumé au leader politique et à son mouvement.

Dès lors, pourquoi vouloir faire de Bassirou Diomaye Faye un acteur central d’une affaire dans laquelle aucune implication directe n’a été publiquement démontrée ?

La question mérite d’être posée.

Plus surprenant encore, Mame Khary Mbacké Mourtalla aurait également évoqué l’État du Sénégal, la France et même la franc-maçonnerie comme pouvant être liés ou impliqués dans cette affaire. Des affirmations particulièrement graves qui, sans éléments vérifiables présentés publiquement, risquent surtout d’alimenter les spéculations.

Dans une affaire aussi sensible, les accusations doivent être accompagnées de faits, de preuves et d’éléments précis. À défaut, elles restent des déclarations et des interprétations.

Pour ses détracteurs, le problème est donc moins la volonté de Mame Khary Mbacké de donner son opinion que la manière dont elle semble progressivement déplacer une affaire religieuse et sociale vers un terrain politique.

Hier présentée comme une facilitatrice ou une personne impliquée dans les échanges autour de la venue de Sokhna Aïda Diallo, elle apparaît aujourd’hui comme l’une des principales voix critiques de cette même initiative.

Ce changement de posture interroge.

Mame Khary Mbacké Mourtalla cherche-t-elle simplement à prendre ses distances après la polémique, ou tente-t-elle désormais de donner à cette affaire une dimension politique qu’elle n’avait pas initialement ?

Une chose est certaine : mêler Bassirou Diomaye Faye à cette controverse sans présenter d’éléments établissant son implication risque davantage de créer une nouvelle polémique que d’apporter des réponses.

Dans cette affaire, il serait peut-être temps de revenir aux faits : qui a organisé les démarches, qui les a facilitées, qui a donné son accord et quel était réellement l’objectif de la visite ?

Le reste, sans preuves solides, risque de n’être qu’un bruit supplémentaire autour d’une polémique déjà suffisamment complexe.

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