KIIRAY à Touba : ces transhumants qui risquent de faire perdre Diomaye Faye à Mbacké

Politique

Analyse — À Touba, les querelles de positionnement au sein de KIIRAY commencent à susciter des interrogations. Entre nouveaux ralliements, bataille de leadership et ambitions personnelles, certains militants redoutent que les divisions internes ne fragilisent l’ancrage du camp de Bassirou Diomaye Faye dans le département de Mbacké.

À Touba, la mise en place de KIIRAY, la formation politique lancée par le président Bassirou Diomaye Faye, intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Alors que le nouveau parti ambitionne de fédérer les soutiens du chef de l’État et de renforcer son implantation à travers le pays, la situation à Mbacké semble déjà marquée par des rivalités.

La principale inquiétude exprimée par certains acteurs locaux concerne l’arrivée de responsables aux parcours politiques multiples, que certains militants qualifient de « transhumants ».

Les transhumants au cœur du débat

À Mbacké, plusieurs personnalités sont citées dans les discussions autour de cette nouvelle recomposition politique. Moussa Mbaye, présenté comme proche d’Antoine Diome, Moussa Thioune, ainsi que Sall Nay Leer et Mohamed Cissé, tous associés à différents épisodes de la vie politique locale, font partie des noms régulièrement évoqués.

 

Pour certains militants, ces trajectoires successives soulèvent une question de fond : quelle place faut-il accorder aux nouveaux ralliés face aux militants engagés depuis les premières heures du projet politique de Diomaye Faye ?

 

Le débat ne porte donc pas uniquement sur les personnes. Il concerne surtout la méthode de construction du parti et la capacité de KIIRAY à éviter que les ambitions individuelles ne prennent le dessus sur le projet collectif.

Une bataille pour le contrôle de KIIRAY à Touba

La désignation de Mamadou Abib Diop à la coordination locale de KIIRAY aurait également accentué les tensions. Sa légitimité est contestée par certains acteurs, donnant lieu à une véritable bataille de positionnement autour de la direction politique locale.

Dans cette lutte d’influence, certains responsables locaux sont perçus comme proches de différents pôles du pouvoir. Les noms de Cheikh Diba et d’Abdou Lahad Ndiaye sont notamment associés, dans les débats locaux, à certaines stratégies de positionnement.

Il convient toutefois de préciser que ces rapprochements relèvent de l’analyse politique et des perceptions exprimées dans le milieu politique local et ne sauraient être présentés comme des faits établis sans déclarations ou éléments permettant de les confirmer.

Le PASTEF observe et avance

Pendant que KIIRAY fait face à ces premières turbulences, le PASTEF poursuit son implantation à Mbacké. Ses militants continuent de travailler sur le terrain, de renforcer leurs structures et de chercher à élargir leur base.

 

Cette stratégie, moins centrée sur les querelles publiques de leadership, pourrait constituer un avantage dans une compétition électorale où l’organisation militante et la présence permanente auprès des populations seront déterminantes.

 

À Mbacké, la bataille politique pourrait donc se jouer moins dans les déclarations que dans la capacité de chaque camp à mobiliser, convaincre et structurer durablement ses bases.

Le risque d’un affaiblissement du camp présidentiel

Pour les militants qui s’inquiètent de la situation, le danger est clair : si les querelles de personnes et les rivalités pour le contrôle des structures se poursuivent, KIIRAY pourrait perdre une partie de son énergie dans des luttes internes au moment même où le parti devrait se concentrer sur sa massification.

La question de la transhumance politique devient ainsi centrale. Les nouveaux ralliés peuvent-ils contribuer à élargir l’audience de Diomaye Faye à Mbacké, ou leur arrivée risque-t-elle de provoquer des frustrations chez les militants de la première heure ?

C’est tout l’enjeu de la période actuelle.

Car à Touba, le camp présidentiel ne peut pas se permettre de laisser les rivalités internes prendre le dessus sur le travail politique de terrain.

Si KIIRAY parvient à instaurer rapidement une discipline collective, à clarifier les responsabilités et à rassembler ses différentes sensibilités, il pourra encore transformer ces tensions en force.

Mais si la bataille de leadership et les accusations de « transhumance » continuent de dominer l’actualité politique locale, le PASTEF pourrait être le principal bénéficiaire de ces divisions lors des prochaines échéances électorales à Mbacké.

À Touba, le message de certains militants est donc sans ambiguïté : avant de chercher à conquérir de nouveaux électeurs, KIIRAY doit d’abord réussir à construire son unité.

Assirou.net — Analyse politique

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