Touba construit des mosquées, des forages et des infrastructures pendant que Khadim Mbacké IFan construit des polémiques sur les réseaux sociaux-Par Serigne Fallou MBACKE ASSIROU

J’ai lu avec beaucoup d’attention la publication de Khadim Mbacké critiquant la construction de mosquées à Touba alors que certaines populations rencontrent des difficultés d’accès à l’eau potable. Comme tout citoyen, chacun est libre de donner son opinion. Mais encore faut-il que cette opinion repose sur une connaissance réelle des efforts fournis par la communauté mouride depuis des décennies.

 

D’abord, il est important de rappeler que les mosquées évoquées ne sont pas financées par l’État du Sénégal, ni par l’Arabie Saoudite, ni par les pays du Golfe. Elles sont construites grâce aux ressources propres des mourides, à travers les adiyas, les cotisations et les sacrifices des talibés à travers le monde. Des hommes et des femmes qui contribuent volontairement, par foi et par engagement religieux.

 

Ensuite, vouloir faire croire que les mourides ne participent pas au développement social de Touba relève soit d’une méconnaissance, soit d’une volonté délibérée de minimiser leurs réalisations. Sur le plan hydraulique, plusieurs forages ont été réalisés grâce aux financements des talibés pour soulager les populations. Sur le plan de l’assainissement, des structures comme Touba Ca Kanam jouent un rôle essentiel dans la propreté et l’organisation de la ville.

 

Les mourides ont également investi dans des hôpitaux, des centres de santé, des daaras, des écoles et plusieurs infrastructures communautaires utiles aux populations. Ces efforts existent, ils sont visibles et personne ne peut honnêtement les nier.

 

L’histoire elle-même témoigne de l’apport du mouridisme dans le développement du Sénégal. En 1932 déjà, les mourides avaient participé à la réalisation du chemin de fer pour faciliter la construction de la grande mosquée de Touba. Aujourd’hui encore, avec Khelcom et ses dizaines de milliers d’hectares exploités, ils contribuent à l’agriculture nationale et à l’autosuffisance alimentaire.

 

Maintenant, soyons clairs : Touba est aujourd’hui la deuxième ville du Sénégal sur les plans démographique et économique. À ce niveau, certaines responsabilités relèvent naturellement de l’État du Sénégal : accès à l’eau, assainissement, voirie, infrastructures publiques. On ne peut pas demander à une communauté religieuse de remplacer entièrement l’État, malgré tous les efforts déjà consentis.

 

Ce qui me dérange dans cette sortie de Khadim Mbacké, ce n’est pas le débat sur les priorités de développement. Ce qui dérange, c’est cette manière récurrente de critiquer Touba et les mourides sans jamais reconnaître ce qu’ils apportent au pays. Il est toujours plus facile de parler derrière un écran que d’agir concrètement sur le terrain.

 

Le Sénégal a besoin de débats sérieux, équilibrés et constructifs. Pas de polémiques fondées sur des raccourcis ou des attaques visant une communauté qui participe activement au développement économique, social et spirituel du pays depuis plus d’un siècle.

Serigne Fallou MBACKE Assirou

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