Le Sénégal a réitéré son engagement en faveur de la souveraineté alimentaire à l’occasion du lancement officiel du rapport « L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2026 (SOFI 2026) », organisé au siège de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome.
Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikhou Oumar Ba, a représenté le Sénégal lors de cette rencontre internationale de haut niveau qui a réuni les principales agences des Nations Unies œuvrant dans les domaines de l’alimentation et de la nutrition, notamment la FAO, le FIDA, l’UNICEF, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Des responsables gouvernementaux, experts ainsi que des partenaires techniques et financiers ont échangé sur les défis liés à la lutte contre la faim et à la sécurité alimentaire mondiale.
Le rapport SOFI 2026 met en évidence une situation toujours préoccupante. En 2025, plus de 645 millions de personnes souffraient encore de la faim à travers le monde, tandis que 2,1 milliards de personnes vivaient dans une situation d’insécurité alimentaire modérée ou sévère. L’Afrique demeure le continent le plus affecté, avec près de 309 millions de personnes confrontées à la faim, alors que 66,6 % de sa population ne dispose toujours pas d’un accès régulier à une alimentation saine et équilibrée.
Prenant la parole lors d’un panel ministériel aux côtés de plusieurs de ses homologues, notamment les ministres de l’Agriculture du Brésil et de la Tanzanie, Dr Cheikhou Oumar Ba a rappelé que la souveraineté alimentaire constitue un levier essentiel pour le développement économique, la justice sociale et l’amélioration durable de la nutrition.
« La production agricole ne peut atteindre pleinement son objectif si les populations, y compris les producteurs, ne peuvent accéder à une alimentation équilibrée et nutritive », a déclaré le ministre.
Profitant de cette tribune internationale, le ministre a présenté les grandes orientations de la Stratégie nationale de souveraineté alimentaire 2025-2034. Cette feuille de route vise notamment à réduire la dépendance du Sénégal aux importations alimentaires, à développer les aménagements hydro-agricoles, à renforcer les filières horticoles, à limiter les pertes post-récolte grâce à des infrastructures modernes de stockage et de transformation, ainsi qu’à promouvoir les achats publics de produits locaux.
La stratégie prévoit également une meilleure valorisation des céréales locales à forte valeur nutritive, telles que le mil, le sorgho et le fonio, le renforcement des chaînes de valeur agroalimentaires, le développement des marchés de proximité et la mise en œuvre de politiques fiscales favorisant une alimentation saine, accessible et produite localement.
Au-delà des initiatives nationales, Dr Cheikhou Oumar Ba a plaidé pour une intégration économique plus poussée en Afrique de l’Ouest afin de faciliter les échanges agricoles, renforcer la résilience des systèmes alimentaires et contribuer à une baisse durable des prix des denrées alimentaires.
Par sa participation au lancement du rapport SOFI 2026, le Sénégal confirme sa volonté de jouer un rôle actif dans les débats internationaux sur l’avenir des systèmes agroalimentaires et réaffirme son engagement à accélérer les réformes en faveur d’une agriculture plus compétitive, d’une meilleure nutrition et d’une souveraineté alimentaire durable au bénéfice de l’ensemble des populations.

