Donner une seconde chance par l’emploi et l’entrepreneuriat. C’est l’ambition affichée par la Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des Femmes et des Jeunes (Der/Fj) et l’Union des magistrats du Sénégal (Ums), qui ont conclu une convention destinée à faciliter la réinsertion professionnelle et économique des personnes sorties de prison.
L’initiative part d’un constat : le passage en milieu carcéral peut laisser des traces importantes dans la vie sociale et professionnelle. Lors de la cérémonie de signature, le délégué général de la Der/Fj, Dr Abdoulaye Niane, a notamment souligné le poids de la stigmatisation et la rupture que peut provoquer l’incarcération dans le parcours d’une personne.
Le dispositif vise particulièrement les personnes ayant un antécédent pénal et celles qui ont bénéficié d’une formation durant leur détention. L’objectif est de transformer les compétences acquises derrière les barreaux en véritables opportunités économiques après leur libération.
Une première expérience a déjà été menée à la Maison d’arrêt de Rebeuss. Près de 60 détenus ont participé, du 27 au 30 janvier 2026, à une session de renforcement de capacités consacrée à l’apprentissage de savoir-faire pratiques. Cette formation avait bénéficié du soutien technique et financier de la Ville de Dakar et du FODEM.
La Der/Fj entend désormais franchir une nouvelle étape en accompagnant les projets issus de ces formations. Les bénéficiaires pourront notamment accéder à des mécanismes de formation, de formalisation et de financement. L’institution prévoit également des conditions adaptées, avec notamment un taux d’intérêt préférentiel de 5 % et, pour certains projets, des exigences allégées en matière de garanties.
L’Ums devrait, pour sa part, jouer un rôle dans la sécurisation juridique des initiatives soutenues. Son accompagnement portera notamment sur le droit des affaires, le recouvrement des créances et la sécurisation des activités entrepreneuriales.
Pour le président de l’Ums, Maître Cheikh Ba, l’accès au financement doit toutefois s’accompagner d’une gestion rigoureuse. Il a rappelé que le remboursement des fonds publics représente à la fois une responsabilité juridique et un devoir envers la collectivité.
À travers ce partenariat, les deux institutions veulent donc faire de l’entrepreneuriat un véritable levier de réintégration sociale. L’enjeu est de permettre aux personnes ayant connu la détention de retrouver une autonomie économique et de reconstruire durablement leur avenir.
