Touba, deuxième pôle économique et démographique du Sénégal, traverse une situation préoccupante liée à l’état de ses infrastructures routières. À l’heure actuelle, la quasi-totalité des routes de la ville sainte est fortement dégradée, voire impraticable, rendant les déplacements extrêmement difficiles pour les populations.
Cette réalité devient encore plus alarmante en pleine saison des pluies. L’hivernage, déjà connu pour aggraver les conditions de circulation, expose davantage les insuffisances des infrastructures. Entre routes inondées, axes défoncés et quartiers difficilement accessibles, les habitants de Touba vivent un quotidien marqué par des contraintes majeures.
À quelques semaines du Grand Magal, événement religieux d’envergure internationale qui draine des ملايين de fidèles, la situation suscite une vive inquiétude. La ville, qui devrait se préparer à accueillir dans les meilleures conditions, semble aujourd’hui en décalage total avec les exigences d’un tel rassemblement.
Dans ce contexte, le ministre en charge des Infrastructures, Dethie Fall, est particulièrement interpellé. Depuis sa reconduction au sein du gouvernement, son absence sur le terrain à Touba est de plus en plus critiquée. Aucun déplacement officiel notable, aucune communication forte, et surtout, aucune visite auprès du Khalife général des Mourides, pourtant figure centrale dans la gestion et l’organisation de la ville.
Ce silence et cette absence sont perçus par une partie de l’opinion comme un manque d’implication face à une urgence pourtant évidente. Touba, par son poids économique, démographique et religieux, ne peut être reléguée au second plan des priorités nationales.
Face à cette situation, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler à une réaction rapide des autorités. Le président de la République est notamment invité à intervenir afin d’exiger des mesures concrètes et immédiates. La réhabilitation des routes, l’assainissement et la mise à niveau des infrastructures doivent devenir une priorité absolue à l’approche du Magal.
À défaut d’actions visibles et efficaces, le risque est clair : une perte de confiance des populations envers les autorités, qui pourrait se traduire dans les urnes lors des prochaines échéances électorales.
Touba mérite mieux. Et le temps presse.

