Patriotisme du développement économique : La Patrie avant tout, Sénégal First. Par Pape Modou FALL Président du parti RAVIE (Rassemblement pour la Vérité, l’Intégrité et l’Équité)

L’histoire des grandes nations enseigne une vérité immuable : aucun pays ne devient puissant en restant prisonnier de ses divisions. Les querelles politiques peuvent faire gagner des élections, mais elles ne construisent ni des usines, ni des écoles, ni des hôpitaux, encore moins une économie compétitive. Les peuples qui réussissent sont ceux qui savent, à un moment décisif de leur histoire, placer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus des ambitions individuelles.

« La Nation n’est forte que lorsqu’elle est unie dans la diversité et rassemblée autour de l’essentiel. » Léopold Sédar Senghor

Cette pensée de Léopold Sédar Senghor résonne aujourd’hui avec une actualité particulière. Plus que jamais, le Sénégal a besoin de retrouver cette capacité à faire de ses différences une force au service d’un destin commun.

Le Sénégal se trouve aujourd’hui à un tournant de son histoire. Face aux immenses défis de l’emploi, de la transformation industrielle, de la souveraineté alimentaire, de la révolution numérique et de l’attractivité économique, une nouvelle doctrine mérite de s’imposer : le patriotisme du développement économique. Il s’agit d’une vision dans laquelle chaque acteur politique, quelle que soit son appartenance, met son expérience, son influence, son expertise et son réseau au service exclusif de la République.

À cet égard, les récentes rencontres entre Président Macky Sall et Karim Wade, puis entre le Président Bassirou Diomaye Faye et Karim Wade à Doha, ont suscité de nombreux commentaires. Au-delà des interprétations partisanes, elles traduisent une réalité essentielle : lorsque les intérêts supérieurs du Sénégal sont en jeu, le dialogue doit toujours prévaloir sur la confrontation.

Ces échanges rappellent qu’aucune compétence nationale ne devrait être écartée lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts du pays. Les alternances politiques sont le propre de la démocratie, mais elles ne doivent jamais empêcher la mobilisation des femmes et des hommes capables de contribuer au rayonnement diplomatique, au développement économique et à la stabilité nationale.

Cette dynamique ouvre une réflexion essentielle. Et si le véritable patriotisme consistait désormais à rassembler toutes les compétences nationales, sans exclusion, afin d’accélérer le développement du pays ?

Le Sénégal dispose d’un capital humain exceptionnel. D’anciens chefs d’État, des responsables politiques de toutes sensibilités, des entrepreneurs, des universitaires, une diaspora influente, des leaders religieux et coutumiers, ainsi qu’une jeunesse dynamique. Ignorer ces ressources au nom des rivalités partisanes serait un luxe que notre pays ne peut plus se permettre.

La réconciliation nationale ne signifie nullement l’effacement des divergences idéologiques. Dans une démocratie, le pluralisme est une richesse. En revanche, elle implique qu’au-dessus des débats politiques existent des causes communes qui ne souffrent d’aucune division : la création d’emplois, la lutte contre la pauvreté, la stabilité institutionnelle, l’attractivité économique, la souveraineté nationale, l’éducation, la santé et la sécurité.

C’est précisément dans cet esprit que mérite d’être examinée l’hypothèse d’un soutien national à une éventuelle candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Une telle perspective ne devrait pas être appréciée sous le prisme des appartenances politiques, mais exclusivement à travers les intérêts stratégiques du Sénégal.

Voir un Sénégalais accéder à la plus haute fonction administrative de l’Organisation des Nations Unies constituerait un événement historique. Ce serait un puissant levier d’influence diplomatique, un facteur de rayonnement international et un atout considérable pour renforcer la crédibilité du Sénégal auprès des partenaires techniques et financiers, des investisseurs et des grandes institutions internationales.

Au-delà du prestige personnel, cette responsabilité offrirait au Sénégal une visibilité exceptionnelle dans les grands débats mondiaux, renforcerait sa capacité de plaidoyer sur les grandes causes africaines, favoriserait son attractivité économique et consoliderait son image de démocratie stable, de terre de dialogue et de paix. Pour toute la Nation, ce serait un investissement diplomatique majeur et un héritage au service des générations futures.

Parallèlement, Karim Wade, fort de son expérience gouvernementale et de ses solides relations internationales, notamment dans les pays du Golfe, peut constituer un relais important pour renforcer la diplomatie économique du Sénégal. À une époque où les investissements étrangers, les fonds souverains et les partenariats stratégiques sont devenus des leviers essentiels de croissance, son réseau peut contribuer à attirer des capitaux, soutenir de grands projets structurants et ouvrir de nouvelles perspectives de coopération.

Dans un monde où la compétition économique se joue autant dans les salles de négociation que sur les marchés internationaux, chaque compétence, chaque expérience et chaque réseau susceptible de favoriser les investissements, les partenariats ou les transferts de technologies doit être considéré comme une richesse nationale. Les parcours individuels ne prennent toute leur valeur que lorsqu’ils servent l’intérêt collectif.

Le temps semble donc venu de dépasser les logiques d’exclusion pour entrer dans une dynamique d’inclusion nationale. Le développement ne se décrète pas ; il se construit par la mobilisation de toutes les intelligences, de toutes les compétences et de toutes les bonnes volontés.

Les grandes puissances économiques n’ont pas bâti leur prospérité dans un climat de fractures permanentes. Elles ont su créer des consensus autour des priorités nationales, préserver la continuité de l’État et fédérer leurs élites autour d’une ambition commune.

Le Sénégal possède aujourd’hui toutes les ressources nécessaires pour emprunter cette voie. Encore faut-il accepter que la compétition politique cesse là où commence l’intérêt supérieur de la Nation.

Le moment est venu de faire émerger une véritable doctrine du « Sénégal First ». Une doctrine simple mais exigeante, qui invite chaque responsable public à répondre à une seule question avant toute décision : « Cette décision est-elle bénéfique pour le Sénégal et pour les Sénégalais ? »

Si la réponse est oui, alors les appartenances partisanes devraient s’effacer devant le devoir patriotique.

Le patriotisme du XXIᵉ siècle ne se limite plus à défendre les frontières. Il consiste à attirer les investissements, créer des emplois, moderniser les infrastructures, promouvoir l’innovation, renforcer la souveraineté économique et améliorer durablement les conditions de vie des populations.

« Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce que ce soit fait. » Nelson Mandela

À l’image des grandes nations qui ont su dépasser leurs fractures pour construire un avenir commun, le Sénégal peut lui aussi ouvrir une nouvelle page de son histoire. Cette ambition exige du courage politique, de la hauteur de vue et un patriotisme qui place la République au-dessus de toute autre considération.

L’histoire retiendra moins ceux qui auront entretenu les divisions que ceux qui auront eu la sagesse de dialoguer, de se réconcilier et de mettre leurs expériences au service de la Nation. Car les hommes passent, les partis évoluent, mais le Sénégal demeure.

Plus que jamais, le patriotisme du développement économique doit devenir notre boussole collective. La Patrie avant les partis, l’intérêt national avant les calculs politiques, le Sénégal avant tout.

La Patrie avant tout. Sénégal First.

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