Le président du think tank Legs Africa, Elimane Haby Kane, a exprimé ses réserves sur la démarche du gouvernement relative à l’indemnisation des victimes des événements politiques survenus entre 2021 et 2024. Selon lui, la stratégie actuelle pose un problème de cohérence avec les principes de l’État de droit.

Dans des déclarations rapportées par Sud Quotidien, l’expert en gouvernance estime que le traitement de ce dossier sensible doit respecter une séquence claire et équitable. À son avis, l’indemnisation financière ne saurait intervenir avant que toute la lumière ne soit faite sur les responsabilités judiciaires. Il met notamment en garde contre le risque de sélectionner certaines victimes au détriment d’autres, en l’absence de critères transparents et consensuels.

Elimane Haby Kane souligne que la priorité doit être accordée à l’établissement de la vérité à travers des procédures judiciaires diligentes. « Il fallait accélérer les procédures afin que les responsabilités soient situées et que les victimes soient clairement identifiées », a-t-il déclaré.

Cette prise de position s’inscrit dans une analyse plus globale de la gouvernance actuelle. Ces dernières semaines, le président de Legs Africa avait déjà attiré l’attention sur les lenteurs constatées dans la reddition des comptes ainsi que dans la mise en œuvre des réformes institutionnelles annoncées par les nouvelles autorités.