Le président du mouvement Agir-Les Leaders, Thierno Bocoum, a réagi au récent remaniement ministériel annoncé par le chef de l’État sur proposition du Premier ministre. Tout en félicitant les nouveaux ministres, il a exprimé ses inquiétudes sur plusieurs décisions qu’il juge préoccupantes pour la démocratie et l’État de droit au Sénégal.
Dans une déclaration publique, Thierno Bocoum a rappelé que les Sénégalais attendent avant tout des résultats concrets, au-delà des simples changements de portefeuilles.
Il a notamment regretté que le remaniement n’ait pas été l’occasion de réduire le nombre de ministères, ce qui aurait envoyé, selon lui, « un signal fort de sacrifice et de sobriété » dans un contexte économique difficile pour les populations.
Concernant la démission d’Abass Fall de son poste ministériel pour conserver la mairie de Dakar, Thierno Bocoum estime que cette décision suscite des interrogations, surtout à la veille de l’avis de la Cour suprême, attendu le 18 septembre, sur la décision du préfet concernant le maire Barthélémy Dias. Il considère que cette anticipation peut constituer « un signal équivoque » et s’apparenter à une « pression voilée » sur la justice.
Le départ d’Ousmane Diagne du ministère de la Justice est également jugé préoccupant. Selon Thierno Bocoum, il pourrait résulter de pressions publiques répétées et laisse craindre une tentative de « faire sauter le verrou » d’une justice déjà fragilisée, transformant potentiellement l’institution en instrument partisan.
Enfin, la nomination de Maître Bamba Cissé au ministère de l’Intérieur attire également son attention. S’il reconnaît les compétences du nouveau ministre, il déplore le choix du Premier ministre de placer son propre avocat à un poste clé, estimant que cela pourrait indiquer une volonté de contrôler l’organisation des élections et la gestion des libertés publiques. « Le ministère de l’Intérieur, garant de la régulation démocratique, ne peut s’accommoder d’une partialité manifeste », insiste-t-il.
En conclusion, Thierno Bocoum estime que ce remaniement, marqué par le départ d’Ousmane Diagne et la nomination de Bamba Cissé, ouvre des perspectives préoccupantes pour la démocratie, l’État de droit et les libertés des citoyens.