Après avoir tiré la sonnette d’alarme et dénoncé l’absence de réponses des autorités sur l’utilisation de la première tranche de 37 milliards FCFA débloqués par la banque Santander dans le cadre du projet d’électrification rurale de 91 milliards, le député Thierno Alassane Sall est revenu à la charge lors d’une conférence de presse.
Devant l’opinion publique, il a présenté les résultats de ses investigations menées auprès d’institutions financières et mis en lumière des irrégularités qu’il juge graves dans ce marché attribué à la société espagnole AEE Power EPC.
Selon lui, les garanties de soumission, de bonne exécution et d’avance de démarrage n’ont pas été couvertes par les primes au moment de leur émission, ce qui constitue, d’après ses propos, « une violation flagrante de l’article 13 du Code CIMA » entraînant la nullité des garanties.
Il souligne que, malgré plusieurs correspondances de l’ARCOP adressées à la SONAC et aux autorités compétentes, aucune dérogation écrite n’a été fournie. « La dérogation évoquée est une invention récente pour tenter de sauver un marché irrégulier », a-t-il martelé, dénonçant au passage « une protection injustifiée » accordée à l’entreprise espagnole.
L’ancien ministre pointe également le silence du ministère des Finances et de la Direction nationale des Assurances, bien qu’ils aient été destinataires des échanges. D’après lui, les primes n’ont été réglées qu’après 92 jours de retard, et probablement grâce à l’avance de démarrage prélevée sur les caisses de l’État.
Plus inquiétant encore, affirme Thierno Alassane Sall, la banque Santander, garante du financement, aurait exprimé de fortes inquiétudes quant à la régularité du contrat et à l’usage des fonds. Face à ces éléments, le député appelle à des mesures radicales : le retrait de l’agrément de la SONAC, le blacklistage d’AEE Power EPC et la saisine de la justice pour détournement de deniers publics.