Il faut siffler la fin d’un cycle d’irresponsabilité.

Le service public doit répondre à des principes tels que, l’intérêt général, l’universalité géographique, l’éthique d’une offre complète, le pluralisme, la diversité, la variété et la dimension non commerciale.

S’il le s’agit du secteur audiovisuel, le rôle de la médiatisation des débats contradictoires au sein de la sphère politique devrait être de mise.

À la lumière de ces caractéristiques qui fondent le service public, chacun d’entre nous peut se faire sa propre opinion du respect ou non des missions du service public par les dirigeants des institutions comme la RTS, la SDE, le journal Le Soleil, Air Sénégal International, La Poste entre autres structures de L’Etat.

Les pratiques partisanes dans le service public, les droits des travailleurs bafoués, les nombreux détournements deviennent des symptômes dangereux mêmes pour la survie des finances du pays et de la stabilité démocratique de notre jeune république.

Pour le cas chronique de la Poste, le président Macky Sall lui-même avoue que le gouvernement ne peut prendre en charge 5 mille employés qui ne rapporteraient rien à l’État selon lui.

La question est de savoir qui les a embauchés ? D’où viennent-ils ? Ou bien le Président Macky Sall ne veut pas avouer son échec de la gestion de la chose publique en mettant des politicards qui ne font que recruter du bétail politique.

Son étonnement devrait se pencher sur leur existence et non sur la capacité de l’État à pouvoir les payer. Mais dès lors que je l’ai entendu dire : “Il est impossible de sauver une telle entreprise qui doit à l’État du Sénégal la somme de 189 milliards de francs CFA.
L’État a remis récemment à la Poste un montant de 12 milliards de francs CFA en guise de reliquat pour permettre de sauver l’essentiel. La Poste compte 5 000 travailleurs que l’Etat ne peut tout payer. Nous ne pouvons pas payer tous ces travailleurs, dont un grand nombre ne travaille pas”.
Un tel aveu d’échec devant des syndicats venus déposer leurs cahiers de doléances ne doit pas rester sans sanction des sénégalais. C’est le signe d’un régime qui a échoué. Changer continuellement de DG n’est pas la solution.

Concernant la RTS, les autorités ont toujours considéré l’institution comme un instrument de propagande et y ont imposé un monopole sans précédent.

La télévision nationale est devenue ainsi, un instrument du pouvoir en place et cela lui permet d’étaler sa mainmise sur toutes les structures et plateaux télés avec un contrôle étroit sur le personnel de l’opposition à y faire venir.

Par nécessité de cohérence à mes dires, les nombreuses sorties des agents de la RTS1 sur les autres télés privées montrent le signe de désaveu, de dépit et de dédain de l’équipe de la télévision nationale envers leur directeur Racine Talla.

Cela me pousse à inviter les Sénégalais à être plus lucide qu’auparavant et à repenser le service public dans son ensemble. Si nous ne voulons pas être laissés à quai par le train de l’histoire, il y a certaines pratiques à bannir et c’est maintenant.

La question de la gestion des biens publics est un réel problème pour ce régime aux tendances amatrices. Le tâtonnement doit finir et céder la place à la planification, à la méritocratie, à la responsabilité et surtout à l’éthique.

Ameth DIALLO
Coordinateur national de Gox Yu Bess – ANTA
(Alliance Nationale pour la Transparence et l’Abondance)