La Présidence de la République a procédé à la revocation de Salimata Dieng, jusque-là chargée de mission et adjointe secrétaire générale nationale de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS), une structure affiliée au parti PASTEF.
Cette décision fait suite à un post Facebook jugé offensant à l’égard du gouvernement dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko.

Dans ce texte très critique, Salimata Dieng dénonce un « laxisme grandissant », un « bureau politique aphone », et une « accumulation de mauvais choix », accusant son propre parti de négliger la jeunesse et les militants de la première heure.

 Les critiques de Salimata Dieng

Dans son message publié sur Facebook, la désormais ex-chargée de mission dresse un constat sévère de la gestion du parti et du gouvernement :

« Depuis l’accession de notre parti au pouvoir, un constat amer s’impose : un laxisme grandissant s’installe au cœur de PASTEF… Celui qui se vantait de son capital humain exceptionnel est en train d’effriter ce qu’il a de plus précieux : ses militants, sa jeunesse et ses sympathisants. »

Elle reproche notamment aux dirigeants d’avoir abandonné les ex-détenus, marginalisé les militants compétents et cantonné la jeunesse à des postes sans contenu réel.
Salimata Dieng regrette également que des structures destinées aux jeunes soient confiées à des responsables « du troisième âge », citant l’exemple de la DER.

S’appuyant sur une citation de l’économiste Joseph Stiglitz, elle fustige une accumulation de « mauvais choix » et appelle à une réorientation profonde de la gouvernance.

 Une sortie jugée inacceptable

Selon plusieurs sources proches du Palais, cette publication a été perçue comme un acte d’indiscipline majeure et une atteinte à la cohésion du parti et de l’administration présidentielle.
Quelques heures après la diffusion du post, une note interne a acté son limogeage de la Présidence.

Des voix au sein de PASTEF estiment toutefois que cette sanction illustre une intolérance croissante vis-à-vis des critiques internes, alors que d’autres cadres défendent une nécessité de rigueur hiérarchique pour préserver l’unité du parti au pouvoir.


🔍 Un malaise latent au sein de la jeunesse pastefienne

Le texte de Salimata Dieng met en lumière un malaise plus profond : celui d’une partie de la jeunesse pastefienne qui se dit marginalisée depuis l’arrivée au pouvoir.
Elle rappelle avoir soumis dès les débuts du régime un plan stratégique avec « 4 programmes et 14 projets » resté sans suite.

« Pendant ce temps, artistes, organisateurs de campagne et influenceurs ont été reçus… Mais qu’en est-il des militants de l’ombre ? »

Son post, largement partagé et commenté, a déclenché un débat intense sur les réseaux sociaux, certains saluant son courage de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, tandis que d’autres l’accusent de trahison politique.

Le limogeage de Salimata Dieng révèle les tensions internes au sein de PASTEF et relance le débat sur la place de la jeunesse dans les sphères du pouvoir.
Un épisode qui montre que, même au sein du parti de l’ex-opposition, la liberté de ton peut avoir un coût politique élevé.