Depuis quelques jours, des publications de Madiambal Diagne suscitent une polémique autour de Mohamed Jamil Derbah, homme d’affaires international, en s’appuyant sur des photographies datant de 2024 et des affirmations présentées comme des faits actuels. Cette démarche soulève des interrogations sur la méthode employée, le respect de la chronologie et, surtout, l’équité du débat public.
Des images anciennes sorties de leur contexte
Il est aujourd’hui établi que les photos utilisées ont été prises en 2024. Depuis lors, Mohamed Jamil Derbah n’a plus séjourné au Sénégal. Les réutiliser en 2025 sans préciser leur date ni leur contexte induit l’opinion en erreur en suggérant une actualité qui n’existe pas.
Le journalisme responsable impose une règle simple : respecter le temps des faits. Toute entorse à ce principe fragilise la crédibilité de l’information diffusée.
Une querelle politique qui ne doit pas contaminer le monde des affaires
Les désaccords politiques entre Madiambal Diagne et Ousmane Sonko ne sauraient justifier que l’on entraîne dans la controverse un acteur économique étranger, sans fonction politique ni rôle institutionnel au Sénégal.
Mêler un homme d’affaires à des règlements de comptes politiques constitue un amalgame dangereux, susceptible de décourager les investisseurs et de nuire à l’image d’un pays historiquement réputé pour sa stabilité et son hospitalité économique.
Projet d’hôtel à Saint-Louis : où est le scandale ?
Madiambal Diagne affirme qu’un domaine foncier aurait été attribué pour la réalisation d’un complexe hôtelier à Saint-Louis. Mais dans de nombreuses localités du Sénégal, des hommes d’affaires, sénégalais et étrangers, investissent dans l’hôtellerie, un secteur clé pour le développement économique et touristique. Ces projets :
créent des centaines d’emplois directs et indirects ;
dynamisent les économies locales ;
renforcent l’attractivité internationale du pays.
À ce jour, aucun document officiel ne vient étayer une irrégularité. En l’absence de preuves, ces affirmations relèvent de la suspicion, et non de l’information.
Médias arabophones : inclusion ou stigmatisation ?
La polémique s’intensifie lorsque la création d’un groupe de presse arabophone à Dakar est présentée comme un problème. Or, le Sénégal est un pays de pluralité linguistique et culturelle. L’arabe, enseigné et pratiqué par des milliers de Sénégalais, ne saurait être traité comme une langue suspecte.
Créer un média arabophone signifie inclure une partie importante de la population souvent marginalisée dans l’espace médiatique, et non la diviser.
Une opportunité pour des Sénégalais arabisants
Beaucoup de Sénégalais arabisants sont aujourd’hui au chômage, malgré leurs compétences et diplômes. La création d’un média arabophone offrirait :
des emplois qualifiés ;
un espace d’expression nationale légitime ;
une contribution à la diversité de l’information.
Pourquoi cela serait-il problématique, alors que de nombreux médias financés par des intérêts étrangers (chinois, américains, européens ou canadiens) n’ont jamais suscité de polémique identitaire ?
Deux poids, deux mesures inquiétants
Lorsque des investisseurs occidentaux ou asiatiques sont en cause, le débat se concentre rarement sur leur langue ou leur culture. Mais dès qu’il s’agit d’un projet arabophone, une inquiétude injustifiée apparaît. Présenter les arabisants comme un problème relève d’une logique de division contraire aux valeurs historiques du pays.
Mohamed Jamil Derbah, un investisseur respecté
Connu dans plusieurs pays africains, Mohamed Jamil Derbah est un homme d’affaires sérieux, engagé dans des projets de coopération et de développement, toujours dans le respect des lois et institutions.
Aucune condamnation judiciaire ni procédure officielle ne remet en cause son intégrité. Le présenter de manière insinuante affaiblit sans raison un acteur économique, au détriment de l’intérêt général.
Pour un débat public responsable
La liberté d’expression est essentielle, mais elle implique également :
la rigueur des faits ;
le respect de la chronologie ;
le refus des amalgames.
Défendre Mohamed Jamil Derbah aujourd’hui, ce n’est pas soutenir un homme contre un autre, mais défendre la vérité, l’équité et la responsabilité dans le débat public sénégalais.
Le Sénégal gagne à attirer les investisseurs, à valoriser toutes ses compétences linguistiques et à préserver son vivre-ensemble, plutôt qu’à céder à des polémiques fondées sur des images anciennes et des insinuations contemporaines.
Source : Assirou.net![]()