Au sein de la communauté mouride, plusieurs hommes d’affaires ont marqué l’histoire récente par leurs contributions financières colossales et leur soutien constant aux projets religieux, sociaux et communautaires. Parmi eux, Cheikh Amar occupe une place particulière : figure de générosité, homme d’engagement, mécène infatigable… mais aussi victime d’un phénomène récurrent et dérangeant : l’ingratitude.
Un homme d’affaires généreux, disponible et sollicité
Pendant de nombreuses années, Cheikh Amar a été l’un des hommes les plus sollicités du pays. Artistes, politiciens, sportifs, responsables religieux et simples citoyens se pressaient devant son bureau pour obtenir un appui. Il donnait sans compter, finançant des événements religieux comme le Magal, le Gamou, des projets communautaires, mais aussi de nombreuses initiatives individuelles.
Son engagement aux côtés du Président Abdoulaye Wade, notamment dans le domaine agricole entre 2007 et 2012, avait renforcé son aura. Cheikh Amar apparaissait alors comme un pilier financier, un partenaire fiable, un homme au service de son pays et de sa communauté.
Mais dans l’épreuve, une solitude frappante
Pourtant, lorsque l’homme d’affaires traverse des difficultés — ralentissement économique, pression politique ou même l’accident grave qu’il a subi sur la route de Touba — la foule disparaît. Les visites se font rares, les téléphones se taisent, les soutiens s’évaporent.
Le contraste est saisissant :
Ceux qui jadis le sollicitaient quotidiennement ne se montrent plus lorsque lui-même a besoin de solidarité.
Un phénomène malheureusement récurrent chez plusieurs hommes d’affaires mourides, qui ont financé à hauteur de centaines de millions des projets communautaires, mais se retrouvent souvent seuls lorsque leurs activités connaissent un ralentissement ou des turbulences politiques.
Un retour en force qui révèle des comportements opportunistes
Ces derniers jours, un nouveau tournant s’est produit : Cheikh Amar est apparu publiquement pour remettre une contribution de 500 millions FCFA au Khalife Général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, dans le cadre de la rénovation de la Grande Mosquée de Touba.
Un geste fort, sincère, qui témoigne de sa fidélité à la communauté mouride.
Mais ce geste a également révélé une autre réalité : le retour soudain de certains proches, collaborateurs ou admirateurs qui, croyant que Cheikh Amar “a retrouvé ses moyens”, tentent de se rapprocher à nouveau.
Ce comportement, très visible ces derniers jours, illustre un mal profond :
l’attirance pour l’homme d’affaires lorsqu’il donne,
et l’oubli lorsqu’il traverse l’épreuve.
Une leçon pour la communauté
L’histoire de Cheikh Amar montre que la reconnaissance ne devrait pas être liée à la fortune d’un individu. Les hommes qui soutiennent la communauté, qui investissent des millions dans les projets religieux et sociaux, méritent un minimum de constance, de loyauté et de solidarité — surtout dans les moments difficiles.
Cheikh Amar continue d’aider, par conviction et par foi, sans chercher à plaire ni à recevoir. Mais son parcours met en lumière une question essentielle :
Assirou.net