Présent à Lomé pour le 9ᵉ Congrès panafricain, où il intervenait en tant qu’observateur reconnu des processus démocratiques, Oumar Thomson Belem, président de l’Institut Africa Solidarité (IAS), a accepté de revenir sur les événements qui ont secoué la Guinée-Bissau.
Premier témoin direct du renversement du président Umaro Sissoco Embaló, il livre un récit sans détour, évoquant un « vrai coup d’État », les manipulations attribuées à l’opposition et les défaillances de la CEDEAO.
Selon Oumar Thomson Belem, les événements des 26 et 27 novembre ne laissent aucune ambiguïté. Il raconte avoir été convoqué en toute discrétion par le président Embaló au palais, où il découvre une atmosphère tendue et des soupçons de manipulation électorale imputés à l’opposition.
Le lendemain, les tensions montent d’un cran lorsque l’opposition se rend à la commission électorale pour s’emparer des résultats. Embaló est alors intercepté par des officiers — le CMGA, le général Thomas Gassy, et le président de la CNE, le général Orta Inka — qui l’emmènent à l’état-major.
« Il était même prévu de l’exécuter. C’est le CMGA qui a refusé », affirme Belem.