Le maire de la ville de Dakar et membre fondateur du Pastef, Abass Fall, est sorti de sa réserve pour répondre aux propos du ministre de l’Artisanat, Dr Abdourahmane Diouf, qui avait appelé, dimanche sur la RTS, à “faire bloc derrière le Président de la République Bassirou Diomaye Faye”.
Cette sortie du ministre intervient dans un contexte politique tendu, à la veille de la prise de parole très attendue du Premier ministre Ousmane Sonko, prévue lors du Tera-meeting du 8 novembre prochain.
Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, Abass Fall a vivement réagi :
“L’histoire me donne raison. J’avais refusé de faire partie de ce groupe qui devait aller rencontrer ce monsieur pour le faire venir dans la coalition, surtout qu’il ne restait que deux semaines avant les élections. J’avais donné mes raisons, et elles se confirment aujourd’hui.”
Le maire de Dakar rappelle par ailleurs que Dr Diouf avait à l’époque mis en doute la validité de la candidature du Président Bassirou Diomaye Faye :
“C’est ce même monsieur qui disait que la candidature du Président Diomaye n’était pas acquise. Les archives sont là. Je n’oublie pas aussi ses accusations voilées contre Pastef à propos du prétendu attentat de Yarakh.”
Poursuivant sur un ton ferme, Abass Fall dénonce ce qu’il qualifie de “discours discourtois et inintelligent” :
“Il parle de justice des vainqueurs, donc il doute de la capacité de Mme le Ministre de la Justice à être juste. Nous réclamons la justice tout court, pas une justice des vainqueurs.”
Le maire de Dakar invite ensuite le ministre à plus d’humilité :
“Il demande au Président Diomaye Faye de prendre ses responsabilités. Oui, il les prendra, mais surtout envers ceux qui cherchent à saper l’unité du parti. Il en est de même pour les autres de son acabit qui étaient jadis des ennemis jurés du Pastef et qui bénéficient aujourd’hui des privilèges issus de notre combat.”
Abass Fall conclut son message par une mise au point teintée de fermeté :
“Vous dansez plus vite que la musique ; vous vous perdez dans les sonorités et vous dansez faux. Faites attention à vos tibias.”
Avant de saluer les “alliés loyaux et historiques” du Pastef :
“Merci à Guirassy, Yaye Aida Mbodj, Dethie Fall, Cheikh Tidiane Dieye, Malick Gakou… pour ne citer que ceux-là.”
Et de lancer un dernier mot d’ordre à ses camarades :
“Yallah reubna kouy tass mbokk ! Calmez-vous profitards ! Focus sur le 8 novembre inchaAllah. C’était juste une parenthèse.”