L’affaire Madiambal Diagne franchit désormais les frontières et s’installe sur le terrain judiciaire international. Ce mardi, Me Ousmane Thiam, membre du pool d’avocats du patron du groupe Avenir Communication, a accompagné son client devant la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Versailles, aux côtés d’un confrère français.
Au centre des débats : la demande d’extradition formulée par les autorités sénégalaises contre le journaliste et homme d’affaires.

Dans un entretien accordé à L’Observateur, Me Thiam a indiqué avoir plaidé pour un avis défavorable à cette demande, invoquant le manque de garanties d’un procès équitable au Sénégal.

« Nous avons insisté sur le fait que, selon nous, il n’existe pas de procès équitable aujourd’hui au Sénégal. Certaines personnes qui devraient comparaître devant le flagrant délit voient leur dossier renvoyé en instruction, ce qui permet de les retenir le plus longtemps possible », a-t-il soutenu.

L’avocat sénégalais dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice, s’éloignant, selon lui, des principes universels du droit et du respect des libertés fondamentales. Il estime que le climat judiciaire actuel ne permet pas à son client de bénéficier d’un jugement impartial.

« Nous avons bon espoir que l’État français rende un avis défavorable. Les arguments que nous avons présentés sur l’absence de garanties et de procès équitable, ainsi que sur les violations systématiques des droits de l’homme constatées au Sénégal, devraient convaincre la justice française », a ajouté Me Thiam, visiblement confiant quant à l’issue de la procédure.

Cette sortie vient raviver le débat sur la coopération judiciaire entre Dakar et Paris, mais aussi sur la situation de l’État de droit et des libertés individuelles au Sénégal.
Pour de nombreux observateurs, l’affaire Madiambal Diagne dépasse désormais le simple cadre personnel pour devenir un test de la crédibilité du système judiciaire sénégalais sur la scène internationale.

Quoi qu’il en soit, la décision attendue de la justice française sera scrutée de près, tant pour ses implications diplomatiques que pour son impact sur la perception de la justice sénégalaise à l’étranger.