In this photo released by Xinhua News Agency, Faustin-Archange Touadera, President of the Central African Republic, gives a speech in a campaign rally in Bangui, Central African Republic, Dec. 12, 2020. China evacuated more than 200 nationals to a safer area after eight Chinese mining company vehicles were stolen during armed conflict ahead of an election in the Central African Republic, its embassy said Wednesday, Dec. 23, 2020. (André Bâ/Xinhua via AP)

L’annonce de la visite du Président Macron à Bamako nous avait conforte dans nos convictions: la France est aux abois. Aux dernières nouvelles cette visite serait différée. Après la convocation des Chefs d’États de la zone des Trois Frontières,les menaces pas du tout voilées, les mises en garde sur les »dangers « que représenteraient Wagner et la Russie pour l’Afrique Macron avait voulu s’offrir une dernière bravade au Sahel. Pour rencontrer le Colonel Ghoyta et visiter les troupes françaises y stationnées. Mais c’est surtout sa rencontre avec le Président de la Transition ( qu’il voudrait la plus courte possible pour ne pas perdre la main) qui avait motivé ce voyage. Même si les relations entre les deux hommes sont connues de tous. Plus vite Ghoyta quittera le pouvoir mieux se sentira Macron. Mieux se porteront les intérêts français. Ghoyta, lui, est en train de mettre en place les Institutions qui rendront le Mali aux Maliens. Dans un environnement sécurisé pour aller vers l’essor du pays. Avec une sérénité et un réalisme rares.
Les raisons qui ont poussé les autorités de la transition à opérer un « Coup d’État de Rectification » sont claires. Ba Ndaw et Moctar Ouane ne joueraient pas la même musique.N’oublions pas, aussi, le message de « sympathie » que Macron s’était empressé d’envoyer à Ghoyta quand ce dernier a échappé à une mort programmée « certaine ».
Dans un Mali où la situation ne fait que s’empirer malgré l’arsenal français et l’armada occidental n’est-on pas en droit d’explorer des voies et moyens pour abréger les souffrances des Maliens ?
Notons, par ailleurs, que des situations troubles aux plans sécuritaire et stratégique impliquant des puissances étrangères sont souvent sgnalées dans cette zone des Trois Frontières.
En outre, aucun Malien, aucun Africain n’est dupe par rapport à la présence des Français dans la zone. Il ne s’agit ni de philanthropie, ni de sacrifice de leur part. Ils sont venus se ravitailler en ressources minières et autres énergies stratégiques. Cette même exploitation sauvage du sol et du sous sol africain avait motivé la ruée des prédateurs et des charognards sur notre continent après la Conférence de Berlin.
Avec la compétition sauvage et les dures réalités du capitalisme (Affaire australienne) la France est déterminée à jouer à l’ostracisme dans cette zone qu’elle considère comme sa chasse gardée.
Elle ne veut, surtout, pas que d’autres puissances ou forces trouvent une solution à ce problème qu’elle a laissé pourrir.
Et pour cela elle est prête à remuer ciel et terre. Elle mène une campagne en ce sens en occident. Après avoir mis en garde les Africains sur les dangers auxquels la zone s’expose si les Russes et les Chinois s’y installent. En ignorant ou en n’osant pas souligner le nouveau partenariat Turquie Afrique.
Mais peut-on craindre pire des Russes ou des Chinois que ce que les Français ont fait subir à leurs anciennes colonies ?
La réponse par la négative coule de source .

Mais la France oublie, cette fois ci , que le contexte dans lequel on avait assassiné les Silvanus Olympio, Thomas Sankara, Djibo Bakary, Félix Moumye, Barthélémy Boganda, Ruben Um Nyobe, Lumumba et autres nationalistes n’est plus le même.
Les crimes impunis contre l’humanité perpétrées par les anciennes puissances coloniales sur l’Afrique ne peuvent plus s’opérer. Et il n’est pas exclu qu’un jour on rouvre ce dossier.
Que Macron sache que le bluff ne marche pas en la matière.
Vous avez laissé faire pourrir une situation au seul profit des intérêts occidentaux. Nous n’entrerons pas dans les détails mais tout le monde sait que la sécurité de la Zone des Trois Frontières est loin d’être votre souci. La pérennité de cette insécurité et la stratégie de la peur pour préserver vos intérêts vous agrée au plus haut point.
Mais il est temps que cesse cette danse du diable.
Si Wagner ou d’autres forces peuvent nous aider à sortir de cette insécurité, tant pis pour vous.
Tout cela est votre faute.
Ancienne puissance coloniale avec tous les préjugés favorables que vous aviez dans la zone, vous avez montré votre vrai visage.
Celui d’une « Puissance » arrogante qui s’est trop repue du sang et des larmes de ses anciennes colonies.
Ce voyage( différé) au Mali sera peut être le chant du cygne d’une « puissance » en perte de vitesse. Ou en déclin.

 

Wagane Faye
Professeur d’anglais
E-mail : ngenbale@hotmail.fr