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Ousmane Sonko face au bilan de sa Déclaration de politique générale de 2024 : entre ambitions annoncées et réalités économiques

La prochaine Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô intervient dans un contexte particulier. Elle offre également l’occasion d’un retour sur les engagements formulés en 2024 par Ousmane Sonko, alors chef du gouvernement, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale.

Présentée le 27 décembre 2024 devant les députés, la DPG d’Ousmane Sonko portait une vision de transformation économique fondée sur la souveraineté, la rationalisation des dépenses publiques, l’amélioration de la gouvernance et le renforcement du secteur privé.

Près de deux ans après cette feuille de route, plusieurs indicateurs économiques sont scrutés pour mesurer les avancées réalisées et les difficultés rencontrées.

Des ambitions économiques importantes

Dans son discours de politique générale, Ousmane Sonko avait mis en avant plusieurs priorités : attirer davantage d’investissements, moderniser l’administration, améliorer l’environnement des affaires et créer les conditions d’une croissance plus inclusive.

Le programme reposait notamment sur la promotion du label « Invest in Sénégal », destiné à renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs nationaux et étrangers.

Cependant, les données relatives aux investissements directs étrangers alimentent aujourd’hui le débat. Selon les chiffres évoqués dans une analyse basée sur le World Investment Report 2026 de la CNUCED, les flux d’investissements étrangers vers le Sénégal auraient connu une baisse entre 2023 et 2025.

Cette évolution pose la question de la capacité du pays à maintenir son attractivité économique dans un contexte marqué par les incertitudes et les ajustements politiques.

La question des finances publiques au cœur des débats

La gestion budgétaire constitue également un point majeur dans l’évaluation de la trajectoire annoncée en 2024.

Le gouvernement avait affiché l’objectif d’une meilleure maîtrise des dépenses publiques, d’une réduction progressive du déficit et d’une gestion plus rigoureuse des ressources de l’État.

Les audits engagés, les revues de contrats publics et les exercices de contrôle des finances publiques ont occupé une place importante dans l’action gouvernementale. Pour les autorités, ces démarches visaient à établir un état des lieux précis de la situation héritée et à poser les bases d’une nouvelle gouvernance économique.

Mais les chiffres liés au déficit budgétaire et à l’endettement public continuent d’alimenter les discussions entre partisans du pouvoir et observateurs économiques.

Entre réformes structurelles et attentes sociales

Au-delà des indicateurs financiers, l’un des principaux défis reste l’impact concret des politiques publiques sur le quotidien des Sénégalais.

La question du pouvoir d’achat, de l’emploi, du soutien aux entreprises et de la réduction des inégalités demeure au centre des attentes de la population.

Les arbitrages autour des subventions, notamment dans le secteur de l’énergie, illustrent cette tension entre nécessité de maîtriser les dépenses publiques et obligation de préserver le niveau de vie des ménages.

Une nouvelle étape politique

Avec son nouveau rôle institutionnel à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko se retrouve désormais dans une position différente : celle d’un ancien chef du gouvernement appelé à observer l’évolution d’une orientation politique qu’il avait lui-même défendue.

La prochaine Déclaration de politique générale permettra ainsi de mesurer les continuités, les changements et les nouveaux choix économiques du gouvernement.

Au-delà des chiffres, le débat porte désormais sur la capacité des autorités à transformer les engagements annoncés en résultats visibles pour l’économie sénégalaise et les citoyens.

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