Il est 2h37 du matin et j’ai ressenti le besoin de vous écrire, Monsieur le Président de la République, afin de vous demander solennellement d’apaiser les divergences que vous semblez entretenir aujourd’hui avec l’homme qui vous a porté au pouvoir en mars 2024.
Jeune étudiant sénégalais vivant à Paris, j’ai été témoin des sacrifices immenses consentis par de nombreux compatriotes de la diaspora pour vous hisser à la plus haute fonction de notre République. Oui, je me souviens de ce matin de Ramadan, à Paris, où j’ai vu des hommes et des femmes, sous la pluie et dans le froid, en état de jeûne, faire la queue sur plusieurs kilomètres, uniquement pour répondre à l’appel du Président Ousmane Sonko : « Diomaye moy Sonko ».
Témoin de cette mobilisation historique, personne ne pourra me convaincre qu’une autre force que celle incarnée par cet homme vous a conduit au pouvoir. Certes, il est vrai et je le reconnais pleinement que le pouvoir émane d’Allah. Comme le dit le Coran, dans la sourate Al-Imran (La Famille d’Imran), verset 26 :
« Dis : Ô Allah, Maître de la royauté, Tu donnes la royauté à qui Tu veux et Tu arraches la royauté à qui Tu veux ; Tu élèves qui Tu veux et Tu abaisses qui Tu veux. Le bien est en Ta main et Tu es Omnipotent. »
Cependant, il ne faut pas oublier non plus cet enseignement du Prophète (paix et salut sur lui) :
« Celui qui ne remercie pas les gens ne remercie pas Allah » (rapporté notamment par Abu Dawud et At-Tirmidhi).
Tout cela pour vous rappeler, Monsieur le Président, que Ousmane Sonko est bien plus qu’un frère, à qui vous avez donné le nom de votre fils et celui de sa mère à votre fille. Il a toujours été pour vous un ami fidèle et loyal, qui a porté son choix sur votre personne parce qu’il était convaincu de votre sincérité et de votre loyauté.
Alors, Monsieur le Président, ne trahissez jamais cette confiance. N’écoutez pas ces voix qui cherchent à vous faire croire que vous êtes le seul artisan de votre accession au pouvoir. Ces mêmes personnes vous ont combattu hier. Et si leurs manœuvres avaient abouti, vous seriez aujourd’hui, avec le Premier ministre Ousmane Sonko, en train de croupir en prison, pendant que nous pleurerions votre sort dans l’intimité de nos foyers.
Au moment d’écrire ces lignes, je demeure convaincu que vous saurez vous rappeler votre éducation et vos valeurs. Je suis persuadé que vous ne céderez ni à la tentation d’une quête obstinée du pouvoir pour lui-même, ni à celle de sa conservation à tout prix. J’ose croire que vous retrouverez l’esprit de votre famille politique, le PASTEF, et qu’ensemble, vous œuvrerez à sortir le Sénégal des profondeurs dans lesquelles l’a laissé le régime précédent.
Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.
El Hadji Malick Mansour Kandji
Sympathisant du PASTEF

